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Projet artistique et pédagogique, élaboré par Gianpaolo Pagni et proposé à quelques classes du lycée Jacques Prévert de Pont-Audemer (Eure) au printemps 2011. Des rencontres avec l’artiste autour d’une exposition de ses œuvres et un atelier sur la pratique du tampon comme outil artistique ont permis à des élèves de seconde et de terminale de se familiariser avec l’esprit du livre. Gianpaolo Pagni a demandé aux lycéens de s’emparer de la formule « je me souviens... », afin de construire après Joe Brainard et Georges Perec, de courts textes personnels. Ces brefs souvenirs ont été la base des dessins aux tampons créés par l’artiste pour dialoguer avec les propositions des lycéens.

MÉMOIRE TAMPON

2011
150 dessins
tampon sur papier machine,
21 x 29,7 cm chaque


En avril 2011, Gianpaolo Pagni est invité par le lycée Jacques Prévert de Pont-Audemer (Eure) à exposer et présenter  un aperçu de son œuvre. Afin de poursuivre l’échange avec les lycéens, l’artiste propose de les associer à la découverte d’un  processus créatif concret et de réaliser ensemble un livre : Mémoire Tampon. Il s’agit d’inciter les élèves, encadrées par leurs professeurs de français ou de langues vivantes, à s’emparer de la formule « je me souviens... » pour construire, après Joe Brainard et Georges Perec, de courts textes personnels. Signés du seul prénom de l’élève, ces brefs souvenirs sont transformés en tampons et associés aux propres formes imprimables créées par l’artiste. Gianpaolo Pagni s’emploie ainsi à élaborer des poèmes graphiques, mélanges d’images et de mots, dont l’assemblage prendra la forme d’un livre d’une centaine de pages qui sera comme une tentative de présenter l’espace d’une mémoire partagée. L’empreinte a d’évidentes similitudes avec le souvenir ; les approximations de la mémoire ne sont pas si éloignées des irrégularités d’une trace. Si l’empreinte est la présence d’une absence et ne garde de l’objet qu’un aspect fragmentaire et  déformé, l’émotion et l’oubli transforment  également la réalité enregistrée par la mémoire. Dans les deux cas l’image imprimée doit faire l’objet d’une nouvelle lecture. L’exercice littéraire proposé aux lycéens, les invite au travers d’une formule courte à reconstituer de façon ludique une émotion, un épisode passés entre souvenir privé et collectif. Le processus de la mémoire, l’anecdote personnelle, l’histoire collective, l’action du temps sont ainsi interrogés comme autant de moments d’une construction personnelle qui ne peut se traduire que par le choix et la précision des mots. Dans le langage informatique la mémoire tampon est ce lieu où l’ordinateur stocke provisoirement des données en attente de lecture. Le terme fonctionne ici comme métaphore d’un projet qui permet de mettre en lumière un des ressorts de la création. La proposition artistique de  Gianpaolo Pagni  se présente ainsi  comme un jeu littéraire et plastique propre à activer la mémoire, à en faire l’outil d’une relecture inventive, entre introspection et partage. A son tour l’artiste jouera du tampon comme d’un moyen de faire surgir le passé, le sien comme le notre. L’imbrication avec les mots des élèves approfondira l’exploration de ce territoire complexe, pour nous en présenter une carte en forme de dialogue entre les lycéens  et l’artiste. Tout comme l’école, Gianpaolo Pagni aime les livres et il en crée de nombreux. Le livre n’est pas uniquement  un support d’information, c’est aussi un espace d’expression et d’invention. Donner à ce projet la forme d’un livre, c’est aussi réactiver la puissance plastique de l’objet, combattre le formatage et  affirmer encore que le livre  est toujours  un espace rencontre et de création. Christian Tangre


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